Version imprimable L'ALSACE, PATRIE D'ADOPTION

Comment j'ai pu atterrir en Alsace, moi le flamand de Dunkerque ?

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 Que représente l'Alsace pour un petit flamand, des environs de Dunkerque, né dans un petit village de 250 habitants, au nom imprononçable, non loin de BERGUES rendu célèbre par un film que la France entière a adoré ( ? ), qui a fait son lycée à Jean Bart à Dunkerque, réussi son bac (avec mention), entrepris une première année de philo à Lille ?
Je dois ma venue en Alsace à un séjour de vacances en Grèce : arrivé malade à Athènes après trois jours et trois nuits de train, j'étouffai dans cette capitale et j'allai si mal que, nonobstant le charme de l'hospitalité que mon copain Philippe et moi nous y eûmes, nous décidâmes de rejoindre l'île de Mykonos dans les Cyclades.
C'est alors que je me séparai de mon ami: formule élégante pour dire que lui avait une forme Ulysséenne et que je me traînai, ayant tout juste la force de me nourrir. Le voilà parti pour Santorin : nous ne sommes JAMAIS revus. Dans la vie, il est plus important de se débarrasser des gens qui nous encombrent que de se faire de nouveaux amis. 
A quelque temps de là, mon attention fut attiré par un bel homme de quarante ans environ, genre acteur américain en vacances, qui lisait, à la terrasse d'un restaurant où je me trouvai, "Le Monde", le célèbre quotidien français. Nous parlâmes d'abord en anglais, (Dieu sait pourquoi), puis en français. C'était un professeur de l'université de Strasbourg, directeur de l'institut d'études scandinaves, traducteur de plusieurs ouvrages, ami de Lanza del Vasto et traducteur du livre de Gandhi " Tous les hommes sont frères ", dans la traduction française. 
Nous vécûmes ensemble chez l'habitant pendant huit jours et notre amitié nous conduisit à nous écrire, à nous revoir puis à reconsidérer ma jeune carrière débutante: après un faux départ en philo, me voici avec un vrai départ à l'Université des Lettres de Strasbourg.
J'ai côtoyé cet homme deux ou trois ans : nous ne nous sommes JAMAIS revus. 
C'est alors que je pris "racines" en Alsace et que je commençai à découvrir le charme des Vosges grâce à Jean Sarocchi, René Kappler, la pléiade  de mes amis grecs, libanais, iraniens, marocains, canadiens: une vraie université populaire internationale !
Curieusement, je mis des années à m'intéresser à cette région qui m'avait accueillie et qui représentait beaucoup pour moi affectivement avant qu'elle ne me suscite intellectuellement et culturellement. 
Je lui dois mes plus grandes aventures, avec les blessures qui vont avec. Cette région est un bonheur: imaginez un peu, pour un petit flamand qui débarque de sa Flandre où il pleut 10 mois sur douze et où le ciel est gris, couvert et venteux, l'Alsace, c'est la Méditerranée: une belle luminosité de mars à octobre, un paradis de soleil et de nuances visible du haut du Koenigsbourg et du Mont Saint Odile ...


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